Elle était trop fade, trop dure.
Je me suis enfermée dans une bulle hermétique et protectrice et je n'y ai laissé entrer personne. Il faut dire aussi, qu'on n'a jamais su m'aimer comme il le fallait pour percer cette bulle.
Je me suis réfugiée dans un cocon, où j'ai essayé de créer ma propre réalité. J'ai écouter le reste du monde me parler, comme la mer, par ses remous, ses fracas, par ses râles et ses colères a donné naissance à de nombreuses bulles. Des bulles comme la mienne, des réserves d'air pur. Que j'ai oublié de penser fausses.
Et puis parfois, le courant est trop fort, la bulle éclate en des milliers d'autres, bien trop petites pour y loger mon corps, pour y abriter mon âme. J'étouffe, comme un poisson qu'on sort de l'eau, comme un chaton que l'on noie. J'étouffe, quand la réalité du monde me rattrape et me susurre à l'oreille ce que la Mort chante aux dépressifs.
Et je mets un temps infini à me remettre. Jamais encore je n'ai réussi à accepter la réalité comme elle se présentait à mes yeux. Et m'enfermer Ailleurs, est un moyen de fuir tout ce en quoi je ne veux pas croire, tout ce qui serait capable de me détourner d'un rêve, tout ce qui détruirait l'Espoir.
Alors je n'essaie pas d'apprendre à nager dans cet océan, comme d'autres le feraient. Moi, je cherche des fragments de bulles, aussi petites que celles qui dansent le long du verre d'une coupe de champagne. Et je les assemblent, jusqu'à ce qu'elles n'en forment plus qu'une. Une dans laquelle je peux de nouveau me réfugier. Et attendre, et rêver.
C'est un cercle vicieux me direz-vous. On ne peut pas s'en sortir. Je vous répondrais qu'il faut simplement trouver quelqu'un capable de me guider, de faire remonter la bulle et mon être jusqu'à la surface, où l'air est plus libre que n'importe quelle bulle, où le vent n'a pas de limite, où la réalité s'appelle la Vie. Celui qui saura accomplir une telle prouesse, celui qui saura faire preuve d'un tel courage et d'une telle passion sera unique à mes yeux et au votre.
Et on dira alors que si vous savez voler, c'est que vous êtes aimé.


